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29 octobre 2026Quand on gère l’épargne d’un foyer, on remplit souvent le premier livret venu, et le Livret A fait figure de réflexe. Pourtant, sur le papier, les livrets réglementés ne rapportent pas tous la même chose. Entre un enfant de 14 ans, deux parents et un avis d’imposition, l’ordre dans lequel vous placez vos euros change le montant des intérêts versés à la fin de l’année.
Les taux et seuils cités ici sont ceux en vigueur début 2026. Ils évoluent deux fois par an pour les taux réglementés, donc vérifiez-les avant de déplacer de l’argent.
Ordre de remplissage optimal : la réponse directe
Le principe tient en une phrase : on remplit d’abord le livret qui rapporte le plus, dans la limite de son plafond, puis on passe au suivant. Pour une famille, cela donne un ordre assez stable.
- Le LEP pour chaque adulte éligible, jusqu’à 10 000 €.
- Le Livret jeune de chaque enfant de 12 à 25 ans, jusqu’à 1 600 €, si la banque l’a rémunéré au moins autant que le Livret A.
- Le Livret A, puis le LDDS, dont le taux est identique.
- Au-delà, un autre placement (assurance vie, super livret, SCPI, PEL selon votre horizon).
Le LEP et le Livret jeune se partagent la tête du classement : le premier pèse lourd par son plafond, le second par son petit montant qu’on remplit en un virement. L’essentiel est de les remplir avant le Livret A, car le Livret A et le LDDS rapportent exactement pareil. Entre ces deux-là, le choix ne tient qu’au plafond et à la souplesse de gestion.
Plafonds et rendement : ce que rapporte un livret plein
Voici ce que donne chaque livret rempli à son plafond sur une année, avec les taux de référence de février 2026. Le taux du Livret jeune est fixé par la banque : le 2 % ci-dessous est un exemple, pas une règle.
| Livret | Plafond | Taux indicatif | Intérêts annuels au plafond |
|---|---|---|---|
| LEP | 10 000 € | 2,5 % | 250 € |
| Livret jeune | 1 600 € | variable (ex. 2 %) | 32 € |
| Livret A | 22 950 € | 1,5 % | 344 € |
| LDDS | 12 000 € | 1,5 % | 180 € |
Ces intérêts sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, un point détaillé dans Livret A exonéré de flat tax. Un euro placé sur un livret réglementé rapporte donc exactement son taux affiché, sans rognage fiscal. C’est ce qui le distingue d’un compte à terme ou d’un super livret, dont les intérêts sont imposés.
Éligibilité : âge et revenu fiscal de référence pour le LEP

Le Livret jeune se joue sur l’âge. Il s’ouvre entre 12 et 25 ans, à raison d’un seul par personne. Un mineur peut l’ouvrir dès 12 ans avec l’accord de son représentant légal, et on peut le conserver jusqu’à ses 25 ans, pas au-delà.
Le LEP dépend du revenu fiscal de référence (RFR), et pas de votre salaire. Ce chiffre figure sur votre dernier avis d’imposition, en première page. Il peut être différent de votre revenu brut ou net, car il intègre certains abattements et revenus. Le seuil dépend du nombre de parts : il est de l’ordre de 22 000 € pour une part et dépasse 34 000 € pour deux parts. Vérifiez la valeur exacte de l’année en cours sur le site des impôts.
Le LEP est réservé aux adultes. Si le RFR du foyer passe sous le seuil, chaque adulte du foyer peut en ouvrir un, soit 20 000 € de capacité pour un couple. Un enfant mineur n’y a pas droit.
Cas d’une famille : enfants mineurs, doublons et garantie de 100 000 €
Prenons un foyer de deux parents, deux enfants de 14 et 17 ans, un RFR sous le seuil du LEP et 40 000 € à placer. Premier scénario : tout sur le Livret A, ce qui donne 600 € d’intérêts par an. Deuxième scénario, avec l’ordre ci-dessus :
- 20 000 € sur deux LEP (10 000 € chacun) : 500 €
- 3 200 € sur deux Livrets jeunes (1 600 € chacun, à 2 %) : 64 €
- 16 800 € restants sur le Livret A et le LDDS, à 1,5 % : 252 €
Total : 816 € par an, soit environ 216 € de plus pour exactement la même somme, sans aucun risque supplémentaire. L’écart tient au LEP, qui pèse presque tout l’avantage, et à un Livret jeune bien rémunéré qui ajoute son petit bonus.
Argent des enfants : à qui appartiennent les 3 200 € ?
Ce qui est versé sur le livret d’un mineur appartient à l’enfant, pas aux parents. Le représentant légal gère le compte, mais ne peut pas récupérer l’argent pour son propre usage. Réservez donc ces livrets à des sommes que vous acceptez de transmettre, par exemple pour les études ou le permis.
Autre piège fréquent : le doublon. Chacun n’a droit qu’à un seul Livret A, un seul LDDS, un seul LEP et un seul Livret jeune. Ouvrir un deuxième Livret A dans une autre banque est interdit, et la banque de France le détecte. En revanche, les enfants ont leur propre Livret A, qui s’ajoute à celui des parents avec le même plafond de 22 950 €.
La garantie des dépôts de 100 000 € s’applique par personne et par banque, tous livrets et comptes confondus. Pour un foyer à cheval sur plusieurs établissements, elle protège chaque membre séparément. Si un des parents dépasse ce montant dans une seule banque, la fraction supérieure n’est plus couverte.
Taux réel : ce que l’inflation fait à votre épargne
Un taux affiché ne dit pas tout. Le taux réel, c’est le taux de votre livret moins l’inflation. Si les prix montent de 1,5 % par an, un Livret A à 1,5 % ne fait que préserver votre pouvoir d’achat, alors qu’un LEP à 2,5 % le fait progresser d’environ un point. C’est une raison supplémentaire de le remplir en premier : il est, de loin, le livret qui protège le mieux contre la hausse des prix.
Gardez aussi en tête que ces livrets servent à constituer une épargne de précaution et à financer des projets proches. Les sommes immobilisées au-delà de quelques années peuvent chercher mieux ailleurs, mais jamais avant d’avoir rempli les livrets les plus rentables.
Et une fois les plafonds atteints ?

Si vous avez rempli tous les livrets, que reste-t-il ? Le premier réflexe est de garder 3 à 6 mois de dépenses sur un livret liquide, puis de regarder ailleurs pour le reste. Cela vous évite de retirer à la hâte un placement bloqué.
L’assurance vie est le suivant naturel : fonds en euros sécurisé ou unités de compte plus risquées, avec une fiscalité avantageuse après huit ans. Un super livret promotionnel peut rapporter davantage pendant quelques mois, mais ses intérêts sont imposés et le taux boosté est limité dans le temps. Quant à la SCPI, elle vise le long terme et peut perdre de la valeur, donc elle se réserve à des montants dont vous n’avez pas besoin avant huit ou dix ans. Enfin, le PEL se réfléchit surtout si un projet immobilier est dans les cartons.
Un dernier conseil : reprenez votre tableau de livrets une fois par an. Un enfant qui fête ses 12 ans, un RFR qui passe sous le seuil du LEP ou un taux qui bouge suffisent à déplacer l’équilibre. Quelques minutes à ce rendez-vous annuel valent souvent plus que n’importe quelle recherche de la meilleure offre.




