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4 septembre 2026La convention 65 et la convention 66 régissent toutes deux des métiers du secteur social et médico-social, mais elles ne s’appliquent pas aux mêmes structures ni aux mêmes profils de salariés. Comprendre leurs différences permet de savoir quelle grille de salaire, quels congés ou quels droits sociaux vous concernent réellement.
La CCN 66 est la plus structurée et la plus répandue dans le secteur privé à but non lucratif. Elle couvre un champ large depuis la fusion de 2018 avec d’autres conventions du médico-social. La CCN 65, moins connue, a longtemps fonctionné en parallèle avec des règles proches de la CCN 51 et a fait l’objet de discussions pour un rapprochement avec la convention 66. La frontière entre les deux reste historiquement mouvante, mais les écarts portent surtout sur les salaires, les congés payés, les primes et l’évolution de carrière.
Convention 65 et Convention 66 : champs d’application et secteurs
Convention 65 : services à la personne et aide à domicile
La convention collective 65 encadre principalement les services à la personne et l’aide à domicile. Elle s’applique aux structures associatives ou privées qui interviennent au domicile des personnes fragiles : personnes âgées, personnes en situation de handicap ou familles nécessitant un accompagnement quotidien. Les métiers concernés incluent les auxiliaires de vie, les aides à domicile, les assistants de vie et les accompagnants éducatifs et sociaux qui exercent hors établissement.
Ce champ d’application fait de la CCN 65 une convention de proximité, très centrée sur les interventions individuelles au domicile. Les employeurs sont souvent des associations locales, des entreprises de services à la personne ou des centres communaux d’action sociale qui organisent des prestations à domicile.
Convention 66 : secteur sanitaire, social et médico-social privé non lucratif
La convention 66 couvre un périmètre beaucoup plus large. Elle s’applique aux établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées du secteur privé à but non lucratif : instituts médico-éducatifs, foyers d’accueil médicalisés, établissements et services d’aide par le travail, services d’accompagnement à la vie sociale, maisons d’accueil spécialisées. Depuis la fusion de 2018, elle intègre aussi des structures du champ sanitaire et social qui relevaient auparavant d’autres conventions.
Les métiers couverts par la CCN 66 sont variés : aides-soignants, éducateurs spécialisés, moniteurs-éducateurs, infirmiers, psychologues, travailleurs sociaux, personnels administratifs et techniques. Le Code du travail s’applique en complément, mais la convention 66 prévoit des dispositions spécifiques sur la rémunération, le temps de travail et les congés exceptionnels.
Bon à savoir
La CCN 66 ne prévoit pas de 13e mois obligatoire dans sa grille de rémunération. Les primes et compléments de salaire dépendent de l’employeur et des accords d’entreprise.
Statuts, classifications et métiers couverts
Les deux conventions utilisent des systèmes de classification professionnelle différents pour organiser les métiers et définir les grilles salariales. La convention 65 structure ses emplois en catégories simplifiées, adaptées aux interventions à domicile : employés de maison, auxiliaires de vie sociale, assistants de vie dépendance. Chaque catégorie correspond à un niveau de qualification et de responsabilité, avec des échelons qui influent sur le salaire minimum.
La convention 66 propose une classification plus détaillée, avec des filières métier distinctes : filière éducative, filière soins, filière administrative, filière technique. Chaque filière comporte plusieurs niveaux et coefficients, permettant une progression de carrière structurée. Un aide-soignant débutera à un coefficient donné, puis évoluera par ancienneté et formation vers des coefficients supérieurs. Ce système offre plus de visibilité sur l’évolution salariale à long terme.
La différence principale réside dans la reconnaissance des qualifications. La CCN 66 valorise davantage les diplômes du secteur sanitaire et social (diplôme d’État d’éducateur spécialisé, diplôme d’État d’infirmier) et permet des passerelles entre métiers au sein d’un même établissement. La CCN 65, centrée sur l’aide à domicile, accorde plus d’importance à l’expérience terrain et aux compétences pratiques, parfois au détriment de la reconnaissance des diplômes.
Rémunération : grilles salariales et évolution de carrière
La grille de salaire de la convention 66 est réputée plus avantageuse que celle de la CCN 65. Les salaires minima de la CCN 66 sont alignés sur une classification nationale qui tient compte de la pénibilité et des qualifications du secteur médico-social. Un aide-soignant en début de carrière perçoit un salaire minimum supérieur à celui d’un auxiliaire de vie sous convention 65, à missions comparables. Vous pouvez consulter la grille de salaire pour les aides-soignantes en convention 66 avec les coefficients 2024/2025/2026 pour vérifier précisément votre rémunération.
La convention 65 applique des salaires minima plus proches du SMIC, avec des écarts selon les régions et les structures employeuses. L’évolution de carrière y est moins balisée : les augmentations dépendent souvent de la négociation individuelle ou de la bonne volonté de l’employeur, sans grille d’ancienneté automatique. La CCN 66 prévoit en revanche des points d’ancienneté et des passages de coefficient réguliers, garantissant une progression salariale plus prévisible.
Les primes et indemnités varient aussi. La convention 66 encadre les indemnités de travail de nuit, les majorations pour les dimanches et jours fériés, ainsi que certaines primes de sujétion. La convention 65 laisse plus de latitude aux accords d’entreprise, ce qui crée des disparités entre employeurs. Le dialogue social y est moins structuré, et les salariés bénéficient rarement de primes conventionnelles identiques d’une structure à l’autre.
Temps de travail, congés et droits sociaux
La convention 66 accorde 30 jours ouvrables de congés payés par an, soit 5 semaines, auxquels s’ajoute un bonus d’ancienneté de 2 jours tous les 5 ans, dans la limite de 6 jours supplémentaires. Un salarié totalise donc 32 jours après 5 ans d’ancienneté, 34 jours après 10 ans et 36 jours après 15 ans. Ce dispositif valorise la fidélité et améliore l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle.
La convention 65 prévoit les congés payés légaux de 5 semaines, sans jours d’ancienneté automatiques. Les congés exceptionnels (mariage, naissance, décès) suivent le Code du travail, mais la CCN 66 offre souvent des durées plus généreuses : 7 jours pour un mariage contre 4 jours légaux, 5 jours pour une naissance contre 3 jours légaux.
Le congé maternité et l’arrêt maladie suivent les règles de la Sécurité sociale, mais la convention 66 complète parfois les indemnités journalières pour maintenir une part du salaire net. La CCN 65 ne prévoit pas de complément systématique, sauf accord d’entreprise spécifique. Le travail de nuit et les horaires décalés sont mieux encadrés sous convention 66, avec des repos compensateurs et des majorations de salaire prévues par la grille.
À retenir
La CCN 66 offre des congés d’ancienneté et des indemnités de rupture plus protectrices, tandis que la CCN 65 reste souvent au niveau minimal du Code du travail.
Rupture du contrat et préavis selon chaque convention
Le préavis en cas de démission ou de licenciement diffère entre les deux conventions. Sous convention 66, le préavis varie selon l’ancienneté et le statut du salarié : 1 mois pour les salariés de moins de 2 ans d’ancienneté, 2 mois au-delà. Pour certains cadres ou postes à responsabilité, le préavis peut atteindre 3 mois.
La convention 65 applique des préavis plus courts, alignés sur le Code du travail : 1 semaine pour moins de 6 mois d’ancienneté, 1 mois entre 6 mois et 2 ans, 2 mois au-delà. Les salariés à temps partiel ou en contrat à durée déterminée bénéficient souvent de préavis réduits, ce qui fragilise leur situation lors d’une rupture de contrat.
Les indemnités de rupture sont également plus favorables sous convention 66. En cas de licenciement économique ou pour motif personnel, la CCN 66 prévoit des indemnités calculées sur une base plus avantageuse que le minimum légal. La convention 65 s’en tient aux planchers du Code du travail, sans bonification conventionnelle. Pour un salarié de 10 ans d’ancienneté, l’écart d’indemnité peut représenter plusieurs mois de salaire.
Tableau comparatif Convention 65 vs Convention 66
| Critère | Convention 65 | Convention 66 |
|---|---|---|
| Champ d’application | Services à la personne, aide à domicile | Établissements et services médico-sociaux privés non lucratifs |
| Congés payés de base | 30 jours ouvrables (5 semaines) | 30 jours ouvrables + 2 jours/5 ans (max 6 jours) |
| Grille de salaire | Proches du SMIC, peu de progression automatique | Grille structurée, évolution par coefficient et ancienneté |
| Préavis démission/licenciement | 1 semaine à 2 mois selon ancienneté | 1 à 3 mois selon ancienneté et statut |
| Indemnités de rupture | Minimum légal (Code du travail) | Supérieures au minimum légal |
| Congés exceptionnels | Minimum légal | Durées bonifiées (mariage 7 jours, naissance 5 jours) |
| Classification professionnelle | Catégories simplifiées, peu de filières | Filières métier détaillées, nombreux coefficients |
La convention 66 offre une protection sociale et une progression de carrière nettement supérieures à la convention 65, notamment en matière de licenciement. Si vous devez gérer une rupture de contrat, découvrez comment gérer un licenciement économique de moins de 10 salariés dans votre entreprise. Pour un salarié du secteur médico-social, relever de la CCN 66 garantit des congés d’ancienneté, des grilles salariales plus élevées et des indemnités de rupture plus protectrices. La CCN 65 reste plus proche du socle minimal du Code du travail, avec moins de droits conventionnels automatiques. Si vous hésitez entre deux postes, vérifier la convention collective applicable peut faire une réelle différence sur votre rémunération et vos conditions de travail à long terme.
