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28 août 2026Le licenciement économique de moins de 10 salariés désigne la rupture du contrat de travail de 1 à 9 salariés sur une période de 30 jours, pour un motif non lié à la personne du salarié mais à des causes économiques. Cette situation impose à l’employeur de respecter une procédure spécifique, dont la complexité varie selon qu’il licencie un seul salarié ou un groupe de 2 à 9 personnes. Le non-respect de ces obligations expose l’entreprise à des sanctions importantes, pouvant aller jusqu’à la nullité du licenciement.
Qu’est-ce qu’un licenciement économique de moins de 10 salariés ?
Le licenciement pour motif économique repose sur un motif réel et sérieux, étranger à la personne du salarié. Selon l’article L.1233-3 du Code du travail, ce motif peut être constitué par des difficultés économiques, des mutations technologiques, une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité de l’entreprise, ou une cessation d’activité.
La distinction entre licenciement individuel et collectif de moins de 10 salariés se fait sur la base du nombre de ruptures sur une période de 30 jours. Si un seul salarié est concerné, la procédure suit le régime du licenciement individuel pour motif économique. Dès que 2 à 9 salariés sont licenciés dans cette période, on entre dans le cadre d’un petit licenciement collectif, avec des obligations supplémentaires, notamment en matière de consultation du CSE.
Bon à savoir
Le seuil de 10 salariés est celui à partir duquel la procédure change radicalement, obligeant l’employeur à établir un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). En deçà de ce seuil, les formalités restent allégées mais rigoureuses.
Les étapes de la procédure pour un licenciement individuel (1 salarié)
Appliquer les critères d’ordre et rechercher un reclassement
Avant toute démarche de licenciement, l’employeur doit identifier le salarié concerné en appliquant les critères d’ordre des licenciements. Ces critères incluent les charges de famille, l’ancienneté dans l’entreprise, la situation sociale (personnes handicapées, représentants du personnel) et les qualités professionnelles. Leur pondération doit être cohérente et transparente.
L’obligation de reclassement constitue une étape préalable obligatoire. L’employeur doit rechercher toutes les possibilités de reclassement interne, sur un poste de catégorie équivalente ou, à défaut, sur un emploi inférieur. Cette recherche s’effectue dans l’entreprise et, le cas échéant, dans le groupe auquel elle appartient. Les propositions de reclassement doivent être formulées par écrit et adaptées aux compétences du salarié. Le licenciement ne peut intervenir que si aucun reclassement n’est possible ou si le salarié refuse les postes proposés.
Convoquer à un entretien préalable
Une fois l’impossibilité de reclassement établie, l’employeur convoque le salarié à un entretien préalable. La convocation s’effectue par lettre recommandée avec avis de réception ou remise en main propre contre décharge, au moins cinq jours ouvrables avant la date de l’entretien.
La lettre de convocation précise l’objet de l’entretien, la date, l’heure, le lieu de rendez-vous, et informe le salarié de son droit à se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel de l’entreprise ou, en l’absence de représentants du personnel, par un conseiller extérieur inscrit sur une liste préfectorale. Lors de l’entretien, l’employeur expose les motifs du licenciement envisagé et recueille les explications du salarié.
Notifier le licenciement et informer l’administration
La notification du licenciement intervient au minimum sept jours ouvrables après la date de l’entretien préalable pour un non-cadre, et quinze jours pour un cadre. La lettre de licenciement, envoyée par recommandé avec accusé de réception, doit mentionner le motif économique précis, rappeler la priorité de réembauche pendant un an, et indiquer les indemnités auxquelles le salarié a droit.
L’employeur informe ensuite la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) dans les huit jours suivant l’envoi de la lettre de licenciement. Cette information s’effectue via le portail RUPCO, en transmettant une copie de la lettre de licenciement et des documents attestant de l’obligation de reclassement.
La procédure pour un licenciement collectif de 2 à 9 salariés
Consulter obligatoirement le CSE
Dès lors que le licenciement économique concerne entre 2 et 9 salariés sur 30 jours, et que l’entreprise dispose d’un comité social et économique, la consultation du CSE devient obligatoire. Cette consultation intervient avant toute décision de licenciement et vise à informer les représentants du personnel sur le projet, ses motifs économiques, le nombre de suppressions de postes envisagées, les catégories professionnelles concernées et les critères d’ordre retenus.
Le CSE se réunit deux fois, avec un délai minimum entre les deux réunions. La première réunion permet de présenter le projet et de remettre aux élus les documents nécessaires. Lors de la seconde réunion, qui doit se tenir au moins quatorze jours après la première dans les entreprises de moins de 50 salariés, le CSE rend son avis. L’employeur ne peut notifier les licenciements qu’après avoir recueilli cet avis, qu’il soit favorable ou défavorable.
Critères d’ordre, reclassement et entretiens préalables
Les mêmes obligations de critères d’ordre et de reclassement s’appliquent dans le cadre d’un licenciement collectif. L’employeur établit l’ordre des départs en fonction des critères légaux et conventionnels, puis recherche des solutions de reclassement pour chaque salarié concerné.
Chaque salarié visé par le projet doit être convoqué individuellement à un entretien préalable, selon les mêmes formalités que pour un licenciement individuel. Ces entretiens se déroulent après la consultation du CSE et permettent à l’employeur d’expliquer personnellement la situation à chaque salarié, tout en recueillant ses observations.
Notification des licenciements et formalités administratives
Les lettres de licenciement sont envoyées au plus tôt sept jours ouvrables après les entretiens préalables (quinze jours pour les cadres), et seulement après que le CSE ait rendu son avis. Toutes les lettres doivent comporter les mêmes mentions obligatoires que dans le cadre d’un licenciement individuel.
L’information de la Dreets s’effectue dans les huit jours qui suivent l’envoi des lettres de licenciement. L’employeur transmet via RUPCO les copies des lettres de notification, le procès-verbal de la dernière réunion du CSE, ainsi que tout document justifiant du respect de l’obligation de reclassement. Cette information administrative permet à l’administration de contrôler la régularité de la procédure.
Indemnités de licenciement économique et formalités de fin de contrat
Le salarié licencié pour motif économique a droit à une indemnité de licenciement au moins égale à l’indemnité légale, soit un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années, puis un tiers de mois au-delà. La convention collective applicable peut prévoir des montants plus favorables. Le salarié bénéficie aussi d’une indemnité compensatrice de préavis s’il est dispensé d’effectuer ce dernier, et d’une indemnité compensatrice de congés payés pour les jours de congé non pris.
À la rupture du contrat, l’employeur remet au salarié un certificat de travail, un solde de tout compte récapitulant les sommes versées, et une attestation Pôle emploi indispensable pour l’ouverture des droits à l’allocation chômage après un licenciement. Ces documents doivent être remis au plus tard le dernier jour de travail effectif ou à la fin du préavis.
À retenir
Dans certains secteurs, un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) peut être proposé au salarié, lui offrant un accompagnement renforcé et une indemnisation spécifique pendant sa recherche d’emploi.
Priorité de réembauche et sanctions en cas d’irrégularité
Tout salarié licencié pour motif économique bénéficie d’une priorité de réembauche pendant un an à compter de la rupture de son contrat. Si l’entreprise crée ou dispose d’un poste correspondant à ses qualifications, elle doit le lui proposer en priorité. Le salarié doit manifester son souhait d’en bénéficier dans les quatre mois suivant son départ. Cette priorité constitue un droit personnel et doit être rappelée dans la lettre de licenciement.
Le non-respect de la procédure de licenciement économique expose l’employeur à différentes sanctions. Un licenciement prononcé sans motif réel et sérieux est qualifié de licenciement injustifié et ouvre droit à des dommages et intérêts pour le salarié. Si la procédure n’a pas été respectée (absence d’entretien préalable, défaut de consultation du CSE, notification prématurée), le licenciement est irrégulier et peut donner lieu à une indemnité spécifique, plafonnée à un mois de salaire.
Dans les cas les plus graves, notamment lorsque l’ordre des licenciements n’a pas été respecté ou que l’obligation de reclassement a été totalement négligée, le licenciement peut être déclaré nul par le juge. Cette nullité entraîne la réintégration du salarié dans l’entreprise ou, à défaut, le versement d’une indemnité au moins égale aux six derniers mois de salaire, sans préjudice des autres sommes dues. La rigueur dans le respect de chaque étape de la procédure constitue donc la meilleure protection pour l’employeur face au risque contentieux.
