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21 octobre 2026Votre pension augmente chaque année avec l’inflation, du moins jusqu’ici. Pour 2027, le gouvernement envisage de casser ce réflexe en modulant la hausse de la retraite de base selon ce que vous touchez au total. Résultat : deux retraités qui ont le même âge et la même carrière pourraient ne pas voir le même virement en janvier.
Le dispositif figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, et s’inscrit dans l’effort demandé aux retraités du budget 2027. Il vise des économies d’environ 5,5 milliards d’euros. Il n’est pas adopté, et son sort reste très ouvert.
Gel des pensions en 2027 : la revalorisation modulée selon le total de vos pensions
Normalement, les pensions de base suivent l’inflation, selon les règles du Code de la Sécurité sociale. Le PLFSS 2027 propose d’y déroger. Dans le scénario présenté à titre illustratif dans l’étude d’impact, trois situations se dessinent : une revalorisation complète, une hausse divisée par deux, ou un gel.
Le détail qui change tout : le montant pris en compte serait l’ensemble de vos pensions, et pas seulement la retraite de base. Si vous touchez une pension du régime général, une retraite complémentaire Agirc-Arrco, voire une pension liée à une autre activité, tout est additionné pour déterminer votre tranche. En revanche, la sous-indexation ne s’appliquerait qu’à la retraite de base.
| Total des pensions mensuelles | Revalorisation de la retraite de base (scénario illustratif) |
|---|---|
| Jusqu’à 1 260 € | Alignée sur l’inflation |
| De 1 260 à 2 000 € | Moitié de l’inflation |
| Au-delà de 2 000 € | Gel de la pension de base |
Moins de 1 260 € de pensions : une revalorisation conforme à l’inflation
Les pensions modestes seraient protégées. Si l’ensemble de vos pensions ne dépasse pas 1 260 euros par mois, votre retraite de base suivrait l’inflation comme d’habitude. L’idée est d’épargner les ménages dont le budget dépend le plus du logement, de l’énergie et de l’alimentation.
Ce seuil n’est pas un plafond général valable pour toutes les aides ou tous les régimes. Les bénéficiaires de l’Aspa relèvent d’ailleurs de règles spécifiques. La manière exacte de calculer les revenus retenus reste à préciser.
Entre 1 260 et 2 000 € : une hausse de moitié, combien ça coûte ?

C’est la zone des retraités aux revenus intermédiaires, et la plus concernée par la sous-indexation. Leur pension de base progresserait de la moitié seulement de l’inflation. Avec une revalorisation de référence de 1,7 %, elle ne grimperait que de 0,85 %.
Attention, 1,7 % est une hypothèse de calcul, pas une hausse arrêtée pour janvier 2027. Mais elle permet de mesurer l’ordre de grandeur. Prenons un retraité qui perçoit 1 000 € de retraite de base et 500 € de complémentaire, soit 1 500 € au total. Sa pension de base gagnerait 8,50 € par mois au lieu de 17 €. Le manque à gagner serait d’environ 102 € sur l’année.
Le piège des deux pensions : 1 000 € de base, mais tranche supérieure
Une retraite de base de 1 000 € semble loin du seuil de 1 260 €. Ajoutez 500 € de complémentaire et le total passe à 1 500 € : vous basculez dans la tranche intermédiaire. C’est ce calcul sur le cumul qui peut surprendre des retraités qui ne se sentent pas aisés.
Au-delà de 2 000 € : pension de base gelée, trois retraités, trois pertes différentes
Dans ce scénario, les pensionnés dont le total dépasse 2 000 euros par mois verraient leur retraite de base maintenue au même montant en 2027. Aucune hausse sur cette partie de leurs revenus. Ils seraient donc les plus directement touchés par le gel des pensions.
Le manque à gagner dépend toutefois de la composition de la pension. Reprenons l’hypothèse de 1,7 % : un retraité qui touche 1 500 € de retraite de base verrait disparaître 25,50 € par mois, soit environ 306 € par an. Un autre, avec 800 € de base et une grosse complémentaire pour atteindre le même total, perdrait presque moitié moins, environ 163 € par an.
Une pension totale élevée n’entraîne donc pas automatiquement une perte plus lourde. La retraite complémentaire suit ses propres règles de revalorisation, et c’est la part de retraite de base dans le total qui fait la différence. Un troisième profil, très dépendant du régime général, pourrait ainsi perdre davantage qu’un cadre très bien doté en complémentaire.
Un dispositif encore incertain : hypothèses, débat parlementaire et gel partiel
Le 16 octobre 2026, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a rejeté le PLFSS pour 2027. Elle a aussi adopté des amendements, dont la suppression de l’article consacré à la sous-indexation. Pour autant, la mesure n’est pas enterrée : le texte doit encore être examiné en séance publique et peut évoluer.
Plusieurs paramètres restent donc ouverts :
- les seuils de revenus (1 260 € et 2 000 €) ;
- le taux de revalorisation retenu, aujourd’hui une simple hypothèse ;
- la méthode de calcul des revenus pris en compte ;
- le traitement des situations particulières, comme l’Aspa.
Une autre piste circule dans le débat : un gel partiel plutôt qu’un gel total, sur le modèle de ce que fait l’Agirc-Arrco. Rien n’est tranché à ce stade, et cette option pourrait atténuer l’effet pour les retraités les plus exposés.
Que faire en attendant ?

Inutile de s’affoler, mais mieux vaut connaître votre position. Additionnez toutes vos pensions mensuelles, retraite de base et complémentaire comprises, pour repérer votre tranche. Identifiez ensuite la part de la retraite de base, car c’est elle seule qui serait sous-indexée.
Gardez en tête que les chiffres ci-dessus reposent sur une inflation supposée de 1,7 %. Si le taux réel est plus élevé, l’écart en euros le sera aussi. Le vote en séance publique, puis le texte final, diront si ce gel des pensions voit vraiment le jour, sous quelle forme et pour qui.




