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21 octobre 2026Une pension qui progresse moins vite que les prix, c’est une perte de pouvoir d’achat qui ne fait pas de bruit. Dans le Budget 2027, cette mécanique touche en priorité les retraités. Une simulation récente donne un ordre de grandeur frappant de ce qui se prépare pour eux, et pour les autres ménages.
Les retraités supportent près de 60 % de l’effort : le chiffre expliqué
Ce chiffre ne sort pas d’une décision du gouvernement. Il vient d’une simulation de l’économiste Pierre Madec, rattaché à l’Institut français d’économie (IFE). Il a repris les copies budgétaires présentées par Sébastien Lecornu le 1er octobre, côté budget de l’État comme côté Sécurité sociale, pour mesurer qui paie quoi.
Son périmètre est précis : uniquement les mesures « touchant directement le revenu des ménages ». Sur l’ensemble, le revenu disponible des ménages baisserait de 8,7 milliards d’euros en 2027. Les retraités en supporteraient 5,2 milliards, soit « près de 60 % de l’effort », selon l’économiste.
Le calcul est simple : 5,2 divisé par 8,7 donne bien environ 60 %. Si vous avez vu passer des titres évoquant « 6 milliards » pour les retraités, il s’agit d’un arrondi. Le chiffre issu de la simulation est 5,2 milliards d’euros.
Les deux mesures qui les visent : sous-indexation et abattement de 10 %
Deux dispositifs expliquent l’essentiel. Le premier figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) : la sous-indexation des pensions de retraite. Concrètement, elles seraient revalorisées moins vite que l’inflation, ce qui grignote leur valeur réelle année après année.
Le second se trouve dans le projet de loi de finances : le plafonnement de l’abattement de 10 % sur les pensions, qui joue sur le calcul de l’impôt sur le revenu. Les deux mesures cumulées représentent les 5,2 milliards imputés aux retraités. La sous-indexation pèse à elle seule 4,1 milliards d’euros d’économies pour les finances publiques, ce qui laisse environ 1,1 milliard pour le plafonnement de l’abattement.
Qui perd, combien : 9,6 millions de ménages retraités concernés

Pour la sous-indexation, 9,6 millions de ménages retraités seraient touchés. La perte moyenne atteindrait 430 euros par an, d’après la simulation. C’est plus que pour l’ensemble des ménages perdants, dont la perte moyenne est de 390 euros.
430 € contre 390 € : l’écart qui change la lecture
Un retraité touché par la sous-indexation perd en moyenne 430 euros par an. Un ménage perdant, tous profils confondus, perd 390 euros. Ce sont des moyennes : votre situation dépend du niveau de votre pension et de votre fiscalité.
Les plus modestes protégés, les plus aisés touchés à la marge
Tous les retraités ne sont pas logés à la même enseigne. Les plus modestes sont protégés par un seuil de revalorisation sur l’inflation fixé à 1 260 euros par mois. En dessous, la pension suivrait donc le coût de la vie.
À l’autre bout de l’échelle, les 5 % de retraités les plus aisés, peu dépendants de leur retraite de base de la Sécurité sociale, ne seraient concernés qu’à la marge. La charge se concentre donc sur la large zone intermédiaire, celle des pensions moyennes.
Un effort plus large : 8,7 milliards pour l’ensemble des ménages
Les retraités ne sont pas les seuls à payer. D’après la simulation, trois ménages sur quatre, soit 22,4 millions, seraient perdants. D’autres mesures complètent le tableau et alourdissent la facture pour les actifs et les familles.
- le gel du point d’indice de la fonction publique ;
- la non-revalorisation de la prime d’activité et des allocations familiales ;
- le gel des aides au logement (APL) ;
- le recentrage de l’allocation de rentrée scolaire (ARS).
Mais la répartition reste très inégale : sur 8,7 milliards d’euros de revenu disponible en moins, les retraités en portent 5,2. Le reste, soit environ 3,5 milliards, se répartit entre ces autres mesures.
| Indicateur | Valeur simulée |
|---|---|
| Baisse du revenu disponible (tous ménages) | 8,7 milliards d’euros |
| Part supportée par les retraités | 5,2 milliards (près de 60 %) |
| Ménages perdants | 22,4 millions |
| Perte moyenne (ménages perdants) | 390 euros par an |
| Ménages retraités touchés par la sous-indexation | 9,6 millions |
| Perte moyenne des retraités concernés | 430 euros par an |
| Économie liée à la sous-indexation | 4,1 milliards d’euros |
Une estimation à prendre avec prudence dans un budget encore en débat
Ces chiffres restent une simulation, pas un résultat définitif. L’examen du projet de loi de finances se poursuit à l’Assemblée nationale, et le texte peut encore évoluer. Les mesures, leur calendrier ou leurs seuils pourraient changer d’ici le vote final.
La simulation porte aussi sur un périmètre volontairement restreint : les seules mesures qui touchent directement le revenu des ménages. Elle ne dit donc pas tout de l’effort total demandé au pays, mais elle éclaire une réalité : dans cette copie, les retraités sont en première ligne.
Pour savoir où vous vous situez, regardez d’abord le montant mensuel de votre pension par rapport au seuil de 1 260 euros. C’est lui qui sépare ceux qui restent protégés de ceux qui verront leur pouvoir d’achat reculer si le texte est adopté en l’état.




