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22 octobre 2026Votre pension ne suffit pas à tenir le niveau de vie que vous voulez ? Certains retraités ne choisissent pas entre assurance-vie et PER : ils font travailler les deux en même temps. Le principe tient en une phrase, mais le piège se cache dans l’ordre des retraits et dans la fiscalité de chaque enveloppe.
Peut-on combiner assurance-vie et PER pour se verser un complément de retraite ?
Oui, et c’est même une stratégie courante. L’assurance-vie fournit un complément de revenu souple grâce aux rachats partiels programmés, que vous réglez au montant près. Le plan d’épargne retraite (PER), lui, verse à la retraite un capital ou une rente viagère, avec une fiscalité qui dépend de la façon dont vous l’avez alimenté.
L’idée : faire sortir de chaque enveloppe le montant qui coûte le moins d’impôt, plutôt que de vider l’une d’abord. Les rachats de l’assurance-vie bénéficient d’un abattement sur les gains, tandis que la rente du PER s’ajoute à vos pensions dans le barème progressif de l’impôt. En dosant les deux, vous évitez de gonfler artificiellement votre tranche d’imposition.
Assurance-vie et PER : deux enveloppes aux rôles complémentaires
Les deux produits ne répondent pas au même besoin. L’assurance-vie reste disponible à tout moment : vous retirez ce que vous voulez, quand vous voulez, et vous choisissez entre fonds euros et unités de compte. C’est votre réserve et votre source de revenu régulier modulable.
Le PER est verrouillé jusqu’à l’âge de départ à la retraite, sauf déblocage anticipé dans des cas précis (achat de la résidence principale, décès du conjoint, invalidité, surendettement, etc.). En contrepartie, les versements volontaires ouvrent droit à une déduction fiscale, dans la limite de votre plafond. Pour un retraité encore imposable, c’est un levier de plus à condition d’avoir des revenus à alléger.
Comment organiser le complément de revenu : rachats programmés et rente du PER

La méthode la plus répandue se déroule en trois temps. D’abord, vous calculez le complément mensuel visé, en le comparant à votre pension. Ensuite, vous fixez des rachats partiels programmés sur l’assurance-vie, de préférence sur un contrat de plus de huit ans. Enfin, vous choisissez à la liquidation du PER une sortie en rente pour une base stable, ou une sortie en capital si vous préférez garder la main.
Voici un exemple chiffré, à titre d’illustration, pour un retraité célibataire de 65 ans :
| Source | Montant annuel | Base imposable estimée |
|---|---|---|
| Rachats programmés sur une assurance-vie de 200 000 € (30 % de gains) | 12 000 € (1 000 €/mois) | 3 600 € de gains, couverts par l’abattement de 4 600 € |
| Rente viagère d’un PER alimenté par versements déduits | 4 800 € (400 €/mois) | Environ 4 320 € après abattement de 10 %, au barème progressif |
| Total | 16 800 € (1 400 €/mois) | Impôt limité à la rente, plus prélèvements sociaux sur les gains |
Dans ce montage, les rachats d’assurance-vie après 70 ans ne génèrent pas d’impôt sur le revenu, seulement des prélèvements sociaux sur la part de gains (environ 620 € ici). Seule la rente du PER entre dans le barème, ce qui reste léger si vos autres revenus sont modestes. Les chiffres varient selon votre situation, mais la mécanique est celle-là.
4 600 € : l’abattement qui efface l’impôt sur les rachats
Sur un contrat de plus de huit ans, les gains retirés chaque année bénéficient d’un abattement de 4 600 € pour une personne seule (9 200 € pour un couple). Un rachat est composé de capital et de gains : seule la part de gains est imposable, ce qui explique qu’un retrait de 12 000 € puisse rester non taxé à l’impôt sur le revenu.
Fiscalité de chaque enveloppe à la sortie
Pour l’assurance-vie, le régime dépend de l’ancienneté du contrat. Avant huit ans, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (ou, sur option, au barème). Après huit ans, l’abattement s’applique et le taux d’impôt tombe à 7,5 % pour les primes versées jusqu’à 150 000 € de primes nettes, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux.
Pour le PER, tout dépend de l’origine des fonds. Si vous avez déduit vos versements de vos revenus, le capital sorti est imposé au barème progressif de l’impôt, et les gains au prélèvement forfaitaire unique. En sortie en rente, la rente viagère est taxée comme une pension, avec l’abattement de 10 %. Si vous n’avez pas déduit vos versements, la part correspondant au capital échappe à l’impôt à la sortie et seuls les gains sont taxés.
Limites et points de vigilance
Le premier écueil est de croire que la déduction fiscale du PER est toujours gagnante. Elle déplace l’impôt dans le temps : vous économisez aujourd’hui, puis vous payez à la sortie. L’opération n’a de sens que si votre tranche d’imposition à la retraite est inférieure à celle de la période de versement.
Deuxième point : la rente est quasi irréversible. Une fois la rente viagère choisie, vous ne récupérez plus le capital, et le montant dépend de votre espérance de vie au moment de la liquidation. Sortir en capital, même fractionné, garde plus de souplesse, mais expose à une imposition plus forte sur la période.
Surveillez aussi les frais de gestion, les supports retenus (fonds euros pour la stabilité, unités de compte pour la diversification) et la transmission : l’assurance-vie offre un cadre avantageux pour les bénéficiaires désignés, alors que le PER suit des règles différentes au décès. Un arbitrage entre les deux enveloppes doit tenir compte de cet aspect si vous souhaitez transmettre, et il vaut la peine de regarder comment hériter de plusieurs assurance-vie fonctionne.
Quel profil est concerné par cette combinaison ?

Elle convient surtout aux retraités ou futurs retraités qui ont déjà une assurance-vie ancienne et un PER, ou qui peuvent encore alimenter l’un des deux. Un horizon de plusieurs années, une pension qui laisse un manque mensuel et une tranche d’imposition suffisante pour que la déduction ait un intérêt sont les trois critères qui reviennent.
Elle apporte peu si vous n’êtes pas imposable (la déduction du PER ne vous sert à rien) ou si votre capital est trop faible pour financer un complément durable. Dans ce cas, un seul contrat bien géré suffit souvent. Avant de lancer des rachats programmés, un calcul personnalisé avec un conseiller, qui simule l’impôt année par année, reste la meilleure façon d’éviter une mauvaise surprise sur votre avis d’imposition.




