
Factures d’énergie impayées, les aides locales des communes et CCAS que les familles oublient de demander
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29 octobre 2026Votre mère ou votre père doit entrer en EHPAD et la même question tourne en boucle : qui va payer ? Voici la réponse directe. Non, les enfants ne règlent pas la facture automatiquement. C’est d’abord le parent qui paie avec ses propres ressources (retraite, épargne, patrimoine), et notre guide détaille comment payer l’Ehpad si la pension manque. La famille n’est sollicitée que si cela ne suffit pas, et sa participation dépend des revenus de chacun.
Ce que coûte réellement un EHPAD : hébergement, dépendance et soins
La facture d’une maison de retraite médicalisée se compose de trois blocs. Les confondre est la source de la plupart des mauvaises surprises. En moyenne, le reste à charge mensuel se situe souvent autour de 2 000 à 2 500 €, avec de gros écarts selon le statut de l’établissement (public, associatif ou privé commercial) et la région.
| Poste | Ce qu’il couvre | Qui paie |
|---|---|---|
| Tarif hébergement | Chambre, repas, entretien, animations | Le résident, avec l’appui possible de l’ASH, de l’APL ou de l’ALS et de sa famille |
| Tarif dépendance | Aide aux gestes du quotidien, selon le niveau de perte d’autonomie | Le résident (ticket modérateur) et l’APA du conseil départemental pour le surplus |
| Forfait soins | Personnel soignant, matériel médical | L’Assurance maladie, directement versée à l’établissement |
Le tarif hébergement pèse le plus lourd : c’est lui qui explique l’essentiel du reste à charge. Le tarif dépendance, lui, varie selon le degré d’autonomie du parent. Le ticket modérateur correspond à la part qui reste toujours à sa charge, même avec l’APA.
Qui paie quoi : les aides qui réduisent le reste à charge
Avant d’appeler les enfants à la rescousse, plusieurs aides peuvent alléger la note. L’APA en établissement est versée par le conseil départemental aux résidents dont la perte d’autonomie est reconnue. Elle prend en charge une partie du tarif dépendance, pas l’hébergement.
Si les ressources du parent sont trop faibles, l’aide sociale à l’hébergement (ASH) peut combler la différence. Le parent y consacre alors environ 90 % de ses revenus, et le département règle le reste. Selon l’établissement, l’APL ou l’ALS peuvent aussi venir en déduction, à condition qu’il soit conventionné.
Dans la plupart des familles, on commence par faire le point : pension, épargne, assurance vie, vente éventuelle d’un bien. Ce n’est qu’ensuite qu’on mesure le déficit mensuel à couvrir. C’est cette somme-là qui peut être partagée.
L’obligation alimentaire : qui doit participer au financement

Le Code civil impose aux enfants d’aider leurs parents qui n’ont pas de quoi vivre (articles 205 et suivants). Cette obligation alimentaire est réciproque et ne dépend pas de l’affection ou de la fréquence des visites. Les gendres et belles-filles sont aussi concernés, tant que le mariage dure et qu’il existe un enfant vivant du couple. Les petits-enfants peuvent être sollicités si les enfants ne peuvent pas payer.
Cette obligation ne se traduit pas par un chèque automatique. Elle prend la forme d’une pension alimentaire dont le montant est évalué selon les besoins du parent et les moyens de chaque obligé alimentaire. En cas de désaccord, c’est le juge aux affaires familiales qui tranche.
Le reste à vivre, base du calcul
Le principe est simple : on ne peut pas demander à quelqu’un de payer s’il n’a plus de quoi vivre. Le conseil départemental, quand le parent demande l’ASH, examine les ressources de chaque enfant, déduit les charges (loyer, crédits, enfants à charge) et en déduit un reste à vivre. La participation vient de ce qui dépasse.
Un enfant aux revenus modestes, avec un loyer élevé et des enfants à charge, peut donc se voir demander très peu, voire rien. À l’inverse, un frère ou une sœur confortablement installé sera davantage sollicité.
Comment la participation est calculée et répartie entre les enfants
Il n’existe pas de barème national unique. Chaque département applique ses grilles, et un juge garde une marge d’appréciation. Dans les familles, le plus courant est un partage au prorata des ressources et des charges de chacun, pas à parts égales.
Exemple concret : 1 300 € à partager entre trois frères et sœurs
Le parent paie 2 800 € par mois pour l’EHPAD et touche 1 500 € de retraite. Il manque 1 300 €. Après charges, les trois enfants disposent respectivement de 1 800 €, 900 € et 300 € par mois. Soit 60 %, 30 % et 10 % du total. Ils versent donc 780 €, 390 € et 130 €. C’est une illustration : le montant réel dépend de la méthode du département ou du juge.
Un accord écrit entre frères et sœurs évite bien des conflits. Il peut fixer la clé de répartition, la durée et les modalités de révision (par exemple si un enfant perd son emploi). Gardez les justificatifs des versements : ils serviront à la déclaration de revenus et en cas de litige.
Refuser, négocier ou sécuriser le paiement : les cas particuliers
Peut-on refuser de payer ? Dans certains cas, oui. Le juge peut décharger un enfant de son obligation alimentaire si le parent a gravement manqué à ses devoirs envers lui. L’abandon pendant l’enfance, le défaut d’éducation ou des violences en font partie. Ce n’est pas une simple brouille : il faut le démontrer, preuves à l’appui, et c’est le juge qui décide.
Vous pouvez aussi négocier. Si le département vous demande une participation que vous ne pouvez pas assumer, faites valoir vos charges avec des justificatifs. Si un seul enfant s’occupe du parent au quotidien, son investissement peut aussi être pris en compte entre frères et sœurs. Cette aide en nature compte souvent dans le partage.
Signer le contrat d’EHPAD : attention à la caution
À l’entrée, c’est souvent un enfant qui signe le contrat de séjour. Signez en tant que représentant ou personne de confiance, jamais comme garant. La loi interdit aux établissements d’exiger qu’un proche se porte caution pour les frais d’hébergement.
Impayés, recours sur succession et résidence principale
Si les impayés s’accumulent, l’établissement peut saisir le juge pour obtenir le règlement de la dette. Il peut aussi s’adresser aux obligés alimentaires pour qu’ils participent. Un dialogue précoce avec la direction et l’assistante sociale évite d’en arriver là.
Quand l’ASH a été versée, le département peut se rembourser plus tard. Ce recours sur succession s’exerce à la mort du bénéficiaire, au-delà d’un seuil d’actif net de 46 000 €. Il peut aussi porter sur certaines donations récentes et sur l’assurance vie dans certains cas. La résidence principale n’est pas intouchable : le département peut prendre une garantie sur le bien, même si le parent y a vécu toute sa vie.
Vendre ou louer la maison du parent est souvent la solution retenue pour financer l’hébergement. Cela soulage la famille et retarde le recours à l’aide sociale. Si un conjoint reste dans le logement, des protections existent. Demandez conseil à un notaire avant d’agir.
Déduction fiscale : ce que vous pouvez récupérer

Ne confondez pas deux mécanismes. La participation au titre de l’obligation alimentaire se règle auprès du parent ou du département. La déduction fiscale intervient ensuite, à la déclaration de revenus. Les sommes versées à un parent dans le besoin sont en principe déductibles du revenu imposable de l’enfant, à condition d’être justifiées et proportionnées aux besoins. Le parent doit alors les déclarer dans ses propres revenus.
Le résident bénéficie de son côté d’une réduction d’impôt de 25 % sur les frais de dépendance et d’hébergement, dans une limite annuelle de dépenses. Les règles et plafonds évoluant d’une année à l’autre, vérifiez-les sur les documents officiels des impôts avant de remplir votre déclaration.
En pratique, retenez cet ordre : ressources du parent, aides (APA, ASH, APL ou ALS), puis participation des enfants selon leur reste à vivre. Mieux vaut en parler tôt en famille, avec les chiffres sur la table, plutôt que de découvrir la facture une fois le dossier d’admission signé.




