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25 octobre 2026Vous avez commencé à travailler tôt et vous comptez partir avant l’âge légal ? Tout se joue sur un détail que beaucoup découvrent trop tard : tous vos trimestres ne sont pas retenus pour la retraite anticipée carrière longue. Un an de chômage non indemnisé, par exemple, peut vous laisser à deux trimestres de la porte de sortie.
Voici l’essentiel, avec un exemple chiffré, les règles de 2026 et la marche à suivre pour faire valider votre situation.
Conditions pour partir en carrière longue : âge de début et trimestres requis
Deux conditions s’additionnent. La première concerne votre début d’activité : vous devez avoir validé au moins 5 trimestres (4 si vous êtes né au dernier trimestre de l’année) avant la fin de l’année de vos 16, 18, 20 ou 21 ans. La seconde porte sur la durée d’assurance : un nombre minimal de trimestres cotisés, qui dépend de votre année de naissance et de l’âge de départ visé.
Le barème de départ, issu de la réforme de 2023, reste le suivant :
- début d’activité avant 16 ans : départ possible dès 58 ans, avec la durée requise augmentée de 8 trimestres ;
- début avant 18 ans : départ dès 60 ans, durée requise augmentée de 4 trimestres ;
- début avant 20 ans : départ dès 62 ans, avec la durée requise ;
- début avant 21 ans : départ dès 63 ans, avec la durée requise.
Attention, les paramètres de 2026 bougent. Le relèvement progressif de l’âge légal de départ et de la durée requise a été suspendu en partie par le législateur, jusqu’en 2028. Le nombre exact de trimestres dépend donc de votre génération : ne vous fiez à aucun chiffre figé et croisez-le toujours avec votre relevé de carrière officiel.
Quels trimestres comptent : cotisés et réputés cotisés
Le principe est simple : seuls comptent les trimestres cotisés et certains trimestres réputés cotisés. Un trimestre est cotisé quand vos revenus soumis à cotisations atteignent l’équivalent de 150 heures de Smic. Quatre trimestres par an au maximum peuvent être validés.
Les périodes réputées cotisées sont des périodes où vous n’avez pas travaillé, mais que la caisse de retraite assimile à du travail, dans des limites précises.
| Période | Retenue en carrière longue ? |
|---|---|
| Emploi salarié cotisé (régime général) | Oui, sans limite autre que 4 trimestres par an |
| Chômage indemnisé (France Travail) | Oui, dans la limite de 4 trimestres |
| Maladie, accident du travail, invalidité | Oui, avec un plafonnement selon la nature de la période |
| Maternité | Oui, selon les règles propres au congé maternité |
| Service militaire | Oui, dans la limite de 4 trimestres |
| Chômage non indemnisé | Non |
| Majorations pour enfants, surcote | Non |
168 trimestres au lieu de 170 : le calcul qui fait basculer un dossier
Prenons une durée requise de 170 trimestres. Vous avez 164 trimestres cotisés, 6 trimestres de chômage indemnisé et 3 de chômage non indemnisé. Seuls 4 trimestres de chômage indemnisé sont retenus, les 3 autres ne comptent pas : 164 + 4 = 168. Il vous manque 2 trimestres, soit au moins six mois de travail de plus.
Quels trimestres ne comptent pas (et pourquoi certains se perdent)

Le piège numéro un, c’est le chômage non indemnisé. Il compte pour la durée d’assurance tous régimes, donc pour la retraite classique, mais pas pour la durée cotisée exigée en carrière longue. C’est une différence que ne montre pas toujours le relevé de carrière : un trimestre peut y figurer comme « validé » sans être retenu pour ce dispositif.
Même logique pour les trimestres validés au titre des enfants ou des majorations, qui allongent votre durée totale sans être des trimestres cotisés. Les périodes réputées cotisées au-delà de leur plafond sont ignorées, comme les trimestres de chômage indemnisé au-delà du quatrième. Les rachats d’années d’études ou de trimestres, eux, ne sont en principe pas pris en compte, sauf exceptions encadrées : demandez confirmation à votre caisse avant de payer.
À quel âge partir en 2026 : les tableaux selon l’année de naissance
L’âge de départ dépend d’abord de votre début d’activité (58, 60, 62 ou 63 ans), puis de votre année de naissance pour la durée requise. Pour les générations concernées en 2026, la durée de référence se situe autour de 170 trimestres, mais elle évolue selon la génération et la suspension de la réforme. Chaque tranche de trimestres demandée en plus (+8 ou +4) s’ajoute à cette base.
Le plus fiable reste de consulter votre simulateur personnel sur le site de l’Assurance retraite : il applique automatiquement la durée correspondant à votre date de naissance. Un tableau générique, même daté de 2026, peut vite devenir obsolète.
Vérifier ses trimestres et faire sa demande de retraite carrière longue
Commencez par télécharger votre relevé de carrière en ligne, depuis votre espace personnel. Parcourez-le année par année et repérez les trous : emplois d’été, apprentissage, périodes chez un ancien employeur. Si un trimestre manque, il faut le faire rectifier avec vos bulletins de paie ou vos contrats.
Ensuite, demandez une attestation de situation carrière longue auprès de votre caisse de retraite (Carsat, MSA ou régime des indépendants selon votre parcours). Elle indique si vous remplissez les conditions et à quelle date. Déposez ensuite votre dossier de départ au moins quatre à six mois avant la date souhaitée.
Les 5 trimestres avant la fin de l’année de vos 20 ans : le piège du début d’activité
Un premier emploi à 19 ans ne suffit pas si vous n’avez pas validé 5 trimestres avant le 31 décembre de l’année de vos 20 ans. Beaucoup perdent la bonne tranche d’âge faute d’un trimestre. Vérifiez cette ligne en premier sur votre relevé.
Pension, décote et reprise d’activité : ce qu’il faut anticiper

Si vous remplissez les conditions de la carrière longue, vous partez avec le taux plein, sans décote, même avant l’âge légal. Le montant de votre pension dépend ensuite de votre salaire annuel moyen et de la durée validée, un point que détaille aussi montant de pension et classe moyenne. Partir à 58 ou 60 ans avec une carrière complète donne rarement un montant élevé, car vos dernières années de cotisation manqueront à l’appel.
Côté retraite complémentaire, l’Agirc-Arrco applique en principe son malus temporaire hors carrière longue : confirmez-le sur votre dossier. Quant à la surcote, elle ne joue pas ici, puisqu’elle récompense ceux qui travaillent au-delà de l’âge et de la durée requise.
La reprise d’une activité reste possible après la liquidation de la pension, sous conditions de cumul. Renseignez-vous avant de signer un contrat : les règles de cumul emploi-retraite varient selon le régime. Enfin, les fonctionnaires, les indépendants et les personnes en situation de handicap relèvent de dispositifs voisins mais distincts. Vérifiez auprès de votre propre caisse avant de calculer quoi que ce soit.




