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28 octobre 2026À la caisse du supermarché, la scène est devenue banale : « Il y aura une partie par carte ticket-resto ». Smartphone, carte ou, de plus en plus rarement, papier, le titre-restaurant fait baisser la note finale. Mais l’usage qu’en font les salariés repose sur une règle provisoire, et c’est précisément ce que l’Assemblée nationale a voulu changer en votant une proposition de loi un lundi 12 octobre.
Alors, que va-t-il se passer pour vos courses, vos dimanches et vos jours fériés ? Voici ce qui a été voté, ce qui reste en suspens, et ce qu’en pensent ceux qui sortent du magasin avec leur ticket de caisse.
Courses alimentaires : l’usage en supermarché serait pérennisé
Depuis 2022, les titres-restaurants ne servent plus seulement à acheter un sandwich ou un plat préparé. Une dérogation autorise aussi l’achat de produits alimentaires, y compris ceux qui servent à cuisiner un repas. Problème : ce dispositif devait s’arrêter à la fin de l’année.
Les députés proposent de sortir de cette logique d’exception. Leur texte inscrit la possibilité de payer ses courses alimentaires avec ses titres-restaurants dans le droit commun, de façon durable. Pour les salariés, c’est la réponse la plus attendue.
À la sortie d’un supermarché de L’Aigle, dans l’Orne, Stéphane résume l’enjeu : « C’est important, c’est du pouvoir d’achat en plus ». Emma, elle, s’en sert presque à chaque passage en caisse. « 25 euros, ça va vite, car les courses coûtent cher. Moi, étant seule, ça m’aide quand même beaucoup », explique-t-elle.
Claire utilise les siens aussi bien « en supérette qu’à la boulangerie ». Son argument est de bon sens : « On ne va pas manger tous les jours au restaurant ».
Dimanches et jours fériés : une utilisation élargie à tous les jours
La réforme ne se limite pas aux rayons de la grande surface. Le texte prévoit d’ouvrir l’usage des titres-restaurants tous les jours de la semaine, dimanche et jours fériés compris. Les restaurants ouverts ces jours-là pourraient donc en profiter directement.
Sur le terrain, l’idée séduit. Un consommateur de l’Orne y voit une façon de faire sortir plus de monde : pour beaucoup, le dimanche est le seul jour où l’on a le temps, où l’on se retrouve en famille. Emma partage cet avis et y tient : cela permet aux personnes qui n’ont pas trop les moyens d’aller au restaurant. Selon elle, « il faut garder cet équilibre entre aider pour les courses et se faire un petit plaisir au resto ».
Voté à l’Assemblée, ce n’est pas encore appliqué
Le texte a été adopté en première lecture. Il doit encore passer devant le Sénat, et l’entrée en vigueur est annoncée pour le 1er janvier 2028. Vos habitudes actuelles ne changent donc pas du jour au lendemain.
Plafond de 25 € et autres mesures : ce qui ne bouge pas encore

Bonne nouvelle pour ceux qui craignaient un tour de vis : le plafond quotidien de 25 euros n’est pas revu à la baisse. Il reste le même, et beaucoup d’utilisateurs s’en accommodent. « On se limite dans notre tête, inconsciemment, quand on fait les courses », observe Emma.
Tout le monde n’est pas aussi enthousiaste. Stéphane aimerait davantage de flexibilité, notamment pendant les fêtes, quand les chariots sont plus remplis. Pour l’instant, rien n’indique que le plafond bougera à la hausse.
Le texte contient aussi un volet destiné aux commerçants. Il vise à rendre plus transparents les frais qui leur sont facturés et à permettre de plafonner certaines commissions. D’autres comptes rendus de la réforme évoquent par ailleurs une validité des titres allongée à trois ans, un point à vérifier dans la version finale du texte.
Fin des tickets papier : le calendrier à retenir
Autre changement majeur : la disparition des titres papier, au profit de la carte et de l’application. Le papier est déjà devenu rare en caisse, mais cette fois la fin serait inscrite dans la loi.
Côté calendrier, il faut lire attentivement. L’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2028. D’ici là, le régime actuel doit être prolongé jusqu’à la fin 2027, afin que les salariés puissent continuer à faire leurs courses avec leurs titres. Voilà pourquoi on parle de 2027 comme d’une année charnière.
| Sujet | Ce que prévoit le texte | Ce qui reste à voir |
|---|---|---|
| Courses alimentaires | Dérogation inscrite durablement dans le droit | Examen par le Sénat |
| Dimanche et jours fériés | Usage ouvert tous les jours | Entrée en vigueur prévue au 1er janvier 2028 |
| Plafond quotidien | 25 euros, inchangé | Pas de hausse annoncée |
| Titres papier | Fin au profit de la carte et de l’application | Régime actuel prolongé jusqu’à fin 2027 |
Restaurateurs et consommateurs : les deux visions de la réforme
Le texte cherche un équilibre fragile. D’un côté, des salariés attachés à la liberté de payer leurs courses avec leurs titres. De l’autre, des restaurateurs qui redoutent que ces titres soient davantage dépensés en grande surface qu’à leur table.
L’ouverture au dimanche et aux jours fériés est justement pensée comme un contrepoids : elle pourrait remplir des salles à des moments où les familles ont enfin le temps de sortir. Le plafonnement de certaines commissions va dans le même sens, en allégeant la facture des professionnels.
Véronique Louwagie, maire de L’Aigle, avait travaillé sur le dossier quand elle était ministre chargée du Commerce et de l’Économie sociale et solidaire. Elle salue un texte qui reprend les conclusions de ses travaux et le décrit comme une réponse « aux attentes des Français tout en tenant compte des réalités des professionnels qui font vivre nos territoires ». Sa formule : « Moins de contraintes, plus de pragmatisme et des résultats concrets. C’est ainsi que l’action publique doit avancer ».
Que faire en attendant ?

Rien ne change dans l’immédiat pour vous. Continuez à utiliser vos titres comme aujourd’hui, avec le plafond de 25 euros par jour, et gardez un œil sur le passage du texte au Sénat. Si vous recevez encore des tickets papier, mieux vaut les dépenser sans trop tarder et vous familiariser avec la carte ou l’application, qui deviendront la norme.
Pour les week-ends, l’idée d’un déjeuner dominical réglé avec ses titres-restaurants est sur la table, mais elle dépend de l’issue du vote. Rendez-vous donc au Sénat avant de modifier vos habitudes de salarié.




