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24 octobre 2026Vous venez de perdre votre époux ou votre épouse, ou vous avez divorcé il y a des années, et une question vous trotte dans la tête : la retraite complémentaire du défunt peut-elle vous revenir ? La réponse tient en deux critères que tout le monde confond : l’âge auquel vous la demandez et votre situation familiale actuelle. Voici ce que prévoient les règles de la pension de réversion Agirc-Arrco, mises à jour pour 2026.
Pension de réversion Agirc-Arrco : qui peut y prétendre
La pension de réversion est une part de la retraite complémentaire du défunt, versée au conjoint survivant ou à l’ex-conjoint. Elle concerne les anciens salariés du privé, cadres comme non-cadres, puisque l’Agirc-Arrco gère leur retraite complémentaire. Seul le mariage ouvre ce droit : un PACS ou une vie de couple sans mariage n’y donnent pas accès.
Elle se calcule sur les points acquis par la personne décédée, qu’elle ait été retraitée ou encore en activité au moment de sa mort. Elle s’ajoute à votre propre retraite, sans la remplacer.
L’essentiel en un coup d’œil : âge, remariage, PACS, divorce
Voici les réponses directes aux deux questions qui vous amènent ici, avec les cas voisins qui prêtent à confusion.
| Situation | Effet sur la réversion Agirc-Arrco |
|---|---|
| Âge minimum | 55 ans en règle générale |
| Avant 55 ans | Possible avec des enfants à charge ou en cas d’invalidité |
| Remariage après le décès | Le droit à la pension est conservé |
| PACS ou concubinage | Aucun droit à la réversion si vous n’étiez pas marié |
| Divorce | L’ex-conjoint garde un droit, partagé selon la durée du mariage |
Les conditions d’âge pour toucher la réversion

La condition d’âge est simple à énoncer : il faut avoir 55 ans pour que la pension soit versée. Si vous demandez avant, la caisse ne rejette pas votre dossier pour autant. Elle l’enregistre, et le versement démarre quand vous atteignez cet âge minimum.
Ce seuil de 55 ans est propre à la retraite complémentaire. Il se distingue d’autres règles que vous avez peut-être lues, notamment celles du régime de base, qui ont leurs propres critères.
Cas particuliers avant l’âge minimum
Le seuil de 55 ans n’est pas absolu. Un conjoint survivant plus jeune peut toucher la pension s’il élève des enfants à charge au moment du décès, ou s’il est reconnu invalide. Ces situations sont examinées au cas par cas, justificatifs à l’appui.
Si vous êtes dans l’un de ces cas, ne patientez pas jusqu’à 55 ans par réflexe. Vous risqueriez de renoncer à des mensualités auxquelles vous aviez droit plus tôt.
Remariage, PACS, concubinage ou divorce : ce que ça change vraiment
C’est ici que circulent le plus d’idées fausses. Pour la retraite complémentaire, un remariage ne vous prive pas de la pension de réversion. Vous pouvez donc refaire votre vie sans craindre de perdre ce droit.
« Je me remarie, je perds tout » : une idée reçue qui a la vie dure
Cette règle a existé dans d’anciens dispositifs et dans certains régimes, ce qui entretient la confusion. Avant de renoncer à une démarche pour cette raison, vérifiez votre situation auprès de votre caisse.
Le PACS et le concubinage posent un problème inverse. Ils ne vous font pas perdre un droit, car ils n’en ouvrent aucun. Si votre partenaire est décédé et que vous n’étiez pas mariés, vous ne pouvez pas prétendre à la réversion, même après de longues années de vie commune.
Le divorce, lui, ne vous écarte pas de la réversion. L’ex-conjoint conserve un droit sur la retraite complémentaire de la personne décédée. Si celle-ci s’est remariée, la pension est répartie entre les conjoints successifs au prorata de la durée du mariage de chacun.
Ressources, durée du mariage et calcul du montant
Bonne nouvelle pour la retraite complémentaire : aucun plafond de ressources n’est exigé. Vos revenus, votre salaire ou votre propre pension n’empêchent pas de toucher la réversion. Le régime de base, en revanche, applique des conditions de ressources, un point qu’on oublie souvent en comparant les deux, et notre article sur la condition de ressources de la réversion détaille ce critère.
La durée minimale du mariage ne compte pas non plus pour ouvrir le droit. Elle n’intervient que pour répartir la pension quand plusieurs conjoints ou ex-conjoints sont concernés.
Le taux de réversion est de 60 % de la retraite complémentaire que le défunt percevait ou aurait perçue. Si le défunt touchait 800 € par mois de complémentaire, la pension de réversion avoisine donc 480 € par mois. Cette somme se cumule avec vos propres retraites, de base et complémentaire.
Comment faire la demande de réversion Agirc-Arrco

La demande ne se fait pas automatiquement : la caisse n’est pas toujours informée de votre situation. Il faut la déclencher vous-même, idéalement dans les mois qui suivent le décès, pour ne pas laisser passer de mensualités.
Les caisses de retraite proposent un service de demande de réversion en ligne qui permet de regrouper plusieurs régimes en une seule démarche. Vous pouvez aussi passer par un courrier ou prendre contact avec votre caisse. Dans tous les cas, préparez ces documents :
- l’acte de décès du conjoint ;
- le livret de famille ou un acte de mariage ;
- une pièce d’identité et un relevé d’identité bancaire ;
- les justificatifs d’invalidité ou d’enfants à charge si vous demandez la pension avant 55 ans ;
- le jugement de divorce, si vous êtes ex-conjoint.
Le conjoint survivant a tout intérêt à lancer la démarche pour la retraite de base et la retraite complémentaire en même temps, car les deux régimes ne répondent pas aux mêmes règles. Enfin, si votre cas sort de l’ordinaire (plusieurs mariages, carrière à l’étranger, ancien fonctionnaire), demandez une confirmation écrite de vos droits avant de prendre une décision définitive.




