Avec un salaire de 1 300 € net, combien touche-t-on au chômage ?
19 octobre 2026
Budget 2027 : pourquoi les retraités se retrouvent en première ligne de l’effort demandé aux ménages
21 octobre 2026L’État ne prélève pas un pourcentage unique sur un héritage. Les droits de succession sont calculés héritier par héritier, après déduction d’un abattement fiscal qui varie selon le lien de parenté, puis selon un barème progressif. Le taux peut aller de 5 % à 45 % en ligne directe (enfants, parents) et grimper jusqu’à 55 % voire 60 % pour les héritiers éloignés ou non apparentés. Trois paramètres déterminent combien prend l’État sur un héritage : la valeur des biens transmis, le lien de parenté avec le défunt, et les abattements applicables.
Combien l’État prend-il sur un héritage : principes et calcul
Chaque héritier doit verser à l’administration fiscale un impôt sur la part de patrimoine qu’il reçoit. Le calcul se fait sur la part nette taxable, c’est-à-dire la valeur de l’actif successoral (biens immobiliers, comptes bancaires, placements, meubles) diminuée du passif successoral (dettes du défunt, frais de dernières obsèques, frais de notaire). Cette part nette est ensuite réduite de l’abattement fiscal dont bénéficie l’héritier en fonction du lien de parenté, puis le montant restant subit le barème progressif des droits de succession.
Calculateur des droits de succession
Estimez rapidement les droits de succession à payer selon votre lien de parenté avec le défunt.
Le taux d’imposition final dépend donc de deux choses : le lien de parenté, qui détermine l’abattement et le barème applicable, et le montant de la part taxable après abattement. Plus vous êtes proche du défunt et plus l’héritage est modeste, moins la fiscalité pèse. À l’inverse, un cousin ou un ami sans lien de parenté se verra appliquer un taux beaucoup plus élevé.
Exemple concret pour un enfant unique
Héritage de 200 000 €. Abattement de 100 000 € en ligne directe. Part taxable : 100 000 €. Application du barème progressif en ligne directe : 5 % sur la première tranche (8 072 €), 10 % sur la suivante, puis 15 % et 20 % selon le montant. Résultat : environ 10 000 à 12 000 € de droits de succession, soit 5 à 6 % de l’héritage total. L’État prend ici autour de 6 %.
Les abattements fiscaux selon le lien de parenté
L’abattement fiscal est la somme déduite de la part d’héritage avant tout calcul de droits. Il constitue le premier levier qui réduit ce que l’État perçoit. Le montant de cet abattement change radicalement selon votre degré de proximité avec le défunt.
Enfants, petits-enfants et parents
Les enfants du défunt bénéficient d’un abattement de 100 000 € chacun, renouvelable tous les quinze ans en cas de donations antérieures selon les règles de succession. Les petits-enfants héritant en représentation de leur parent prédécédé bénéficient également de 100 000 €. Si les petits-enfants reçoivent directement (en sautant une génération), leur abattement passe à 31 865 €. Les arrière-petits-enfants en ligne directe ont droit à 5 310 € d’abattement.
Les parents (ascendants en ligne directe) profitent eux aussi d’un abattement de 100 000 € sur la part qu’ils reçoivent de leur enfant décédé. Ces abattements élevés expliquent pourquoi la transmission patrimoine au sein d’une famille proche reste fiscalement favorable : un enfant unique recevant 100 000 € ne paiera strictement rien à l’État.
Conjoint, partenaire de Pacs, frères et sœurs
Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant de l’héritage. Cette exonération est automatique et ne nécessite aucune démarche particulière. Elle s’applique à l’actif net taxable reçu par le conjoint ou le partenaire, sans limitation.
Les frères et sœurs bénéficient d’un abattement de 15 932 € chacun. Ils peuvent être totalement exonérés de droits de succession si trois conditions cumulatives sont remplies : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps au moment du décès ; avoir été constamment domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès ; être âgé de plus de cinquante ans ou atteint d’une infirmité empêchant de travailler.
Autres héritiers (neveux, nièces, tiers)
Les neveux et nièces ont droit à un abattement de 7 967 €. Les autres héritiers (cousins, amis, concubins non pacsés, personnes sans lien de parenté) ne bénéficient d’aucun abattement fiscal. La totalité de la part nette reçue sera donc soumise au barème des droits de succession, souvent au taux le plus élevé.
Le barème progressif des droits de succession
Une fois l’abattement déduit, la part nette taxable restante est soumise à un barème qui varie selon le lien de parenté. Ce barème est progressif, ce qui signifie que chaque tranche de la part taxable est imposée à un taux différent, croissant avec le montant.
Barème en ligne directe (enfants, parents)
Pour les transmissions en ligne directe, le barème 2024-2025 applique quatre taux d’imposition progressifs :
- 5 % pour la part taxable jusqu’à 8 072 €
- 10 % de 8 072 € à 12 109 €
- 15 % de 12 109 € à 15 932 €
- 20 % de 15 932 € à 552 324 €
- 30 % de 552 324 € à 902 838 €
- 40 % de 902 838 € à 1 805 677 €
- 45 % au-delà de 1 805 677 €
Dans la pratique, la majorité des successions en ligne directe reste en dessous de 300 000 € après abattement, ce qui signifie un taux effectif global autour de 10 à 20 %. Le taux maximal de 45 % ne concerne que les patrimoines les plus importants.
Barème pour les frères et sœurs, autres bénéficiaires
Entre frères et sœurs, après abattement de 15 932 €, le barème applique un taux de 35 % jusqu’à 24 430 € puis 45 % au-delà. Pour les neveux et nièces, le taux est de 55 % sur toute la part taxable après abattement de 7 967 €.
Pour les héritiers au quatrième degré (cousins germains, oncles, tantes), le taux forfaitaire est de 55 %. Pour les personnes sans lien de parenté ou au-delà du quatrième degré, le taux grimpe à 60 %. Ces taux très élevés expliquent pourquoi la dévolution légale pénalise fortement les héritiers éloignés : l’État peut effectivement prendre plus de la moitié de l’héritage dans ces situations.
Qui est exonéré de droits de succession ?
Plusieurs situations permettent d’échapper totalement aux droits de succession. Le conjoint survivant et le partenaire pacsé sont automatiquement exonérés, quelle que soit la valeur de l’héritage. Les frères et sœurs peuvent être exonérés sous les trois conditions cumulatives évoquées plus haut (célibat, cohabitation de cinq ans, âge ou infirmité).
Les personnes handicapées bénéficient d’un abattement supplémentaire de 159 325 €, qui s’ajoute à l’abattement lié au lien de parenté. Cet abattement spécifique ne dépend pas du degré d’invalidité et s’applique dès lors que l’héritier est dans l’impossibilité de travailler dans des conditions normales.
Certains biens sont également exonérés : monuments historiques ouverts au public, bois et forêts sous engagement de gestion durable, parts de groupements fonciers agricoles ou forestiers sous conditions, et biens professionnels transmis sous réserve d’engagements de conservation et de poursuite de l’activité.
Comment calculer concrètement ses droits de succession (méthode et simulateur)
Pour approfondir le sujet, vous pouvez consulter notre guide détaillé sur comment calculer précisément les droits de succession étape par étape, qui complète cette méthode en quatre étapes. Première étape : déterminez l’actif net taxable en soustrayant le passif successoral (dettes, frais d’obsèques, frais de notaire) de la valeur brute des biens. Deuxième étape : divisez cet actif net par le nombre d’héritiers selon la dévolution légale ou le testament, pour obtenir la part de chacun. Troisième étape : déduisez l’abattement fiscal propre à votre lien de parenté. Quatrième étape : appliquez le barème progressif correspondant à votre lien de parenté sur la part nette taxable restante.
Le notaire chargé de la succession établit la déclaration de succession et calcule les droits dus. Vous pouvez également utiliser le simulateur officiel proposé par le service public sur service-public.fr, qui permet d’obtenir une estimation rapide en renseignant le montant de l’héritage, le nombre d’héritiers et leur lien de parenté. Ce simulateur de succession applique automatiquement les abattements et barèmes en vigueur.
Déclaration obligatoire au-delà de 3 000 €
Même si vous ne devez aucun droit après application de l’abattement, la déclaration de succession reste obligatoire dès que l’actif brut dépasse 3 000 €. Le notaire se charge généralement de cette formalité dans un délai de six mois suivant le décès. Passé ce délai, des pénalités de retard s’appliquent.
Le montant prélevé par l’État sur un héritage varie donc énormément selon le lien de parenté et la valeur transmise. En ligne directe avec les abattements élevés, la fiscalité reste modérée pour les patrimoines moyens. En revanche, pour les héritiers éloignés ou les tiers, la charge fiscale peut représenter la majorité de l’héritage reçu. Anticiper cette fiscalité par des donations du vivant ou une optimisation successorale permet souvent de réduire significativement la facture finale. D’ailleurs, il existe 5 décisions clés à prendre avant 70 ans pour optimiser votre succession.



