Younes est le fils d'un paysan algérien. Victime d'un personnage quelque peu malhonnête, son père se retrouve ruiné et privé de ses terres. Il quitte sa vie rurale pour Oran où il vit avec sa femme et ses enfants dans un bidonville. Sans emploi, sans argent, il n'a plus aucune considération pour lui-même. Par honneur, il refuse de demander de l'aide à son frère sauf celle de recueillir Younes afin de lui offrir une vie meilleure, celle qu'il n'a pas eue. Younes sera alors élevé par son oncle et sa tante à Oran. Son oncle, malade lorsqu'il était enfant, a reçu une éducation et une formation de la part des religieuses qui l'ont soigné. Il devient alors pharmacien et change ainsi de catégorie sociale. Il épouse une jeune femme pied-noire et entre alors dans la classe dominante. Contrairement à son frère, il est admis et reconnu. Pour favoriser l'intégration de Younes dans la communauté pied-noire, son oncle le rebaptisera Jonas. Malgré son intégration réussie dans la société oranaise, l'oncle de Jonas est attiré par le nationalisme algérien montant et organise même des réunions dans sa propre maison. Arrêté par la police française, il quittera Oran pour s'établir dans un petit village où il redeviendra un anonyme. Sans cesse partagé entre l'amour de ses origines algériennes et l'attrait de la modernité occidentale, cette ambiguïté le conduira à la dépression. Une nouvelle vie commence pour Jonas.
Yasmina Khadra reprend ses thèmes de prédilection : la tolérance et l'humanité. Il montre que les algériens et les pieds-noirs ne refusaient pas alors de se mélanger et de se fréquenter. Et que tous partageaient l'amour de l'Algérie. Yasmina Khadra fait de ce roman un hymne d'amour à ce pays qu'il aime, son pays d'origine et à cette double culture franco-algérienne qui est la sienne. "(Page des Libraires, Aurélie Paschal)